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  • Pur geek, Société 09/02/2009

    Ajouter une musique connue sur les images de nos vacances, publier sur son blog, une image dont les droits sont réservés, relèvent souvent d’infractions aux droits d’auteur. Comment s’affranchir de ce problème légal tout en préservant la créativité de chacun ? Lawrence Lessig, dans son livre Remix : Making Art and Commerce Thrive in the Hybrid Economy, apporte des éléments de réponse.

    Les contenus culturels du XXème siècle étaient surtout du type « read-only » (RO), c’est à dire qu’on les lisait, les écoutait, les regardait, mais qu’on ne les modifiait pas. La culture était statique, dans ce sens qu’elle était figée par ses créateurs.

    Aujourd’hui, la part des contenus « read-write » (RW) ne cesse d’augmenter. Il s’agit d’objets culturels qui, modifiés et modifiables par tout un chacun, apportent un gain culturel certain, et sont en constant mouvement.

    Les mashups (musicaux, vidéo) en sont un bon exemple. Mais les clips vidéo d’amateurs mixant leurs propres créations à des contenus existant sur des sites de partage de vidéo comme Youtube et Dailymotion, illustrent le concept de manière plus évidente encore.

    Le remix culturel est en marche, et il stimule la créativité de chacun. Hélas, il viole bien souvent les droits d’auteur.

    Lawrence Lessig, dans son livre Remix : Making Art and Commerce Thrive in the Hybrid Economy, cite nombre d’exemples d’objets RW (pour « read-write »), qui ont attiré les foudres des ayants-droit.

    L’un des plus représentatifs, est le cas de cette adolescente, Heather Lawver, qui en janvier 2000, lance un webzine consacré à Harry Potter. Son but est simplement de collecter des écrits de fans portant sur la saga Harry Potter. Les avocats de Warner Bros lui demandent de cesser ses activités, et s’attaquent à d’autres blogs du même genre. S’en suit une réaction des fans, dont Lawver se fait la porte-parole. En février 2001, débute ce que l’on appela les « Potter wars », une guerre opposants les avocats de Warner Bros, et des adolescents appelant, en retour, au boycott des produits Harry Potter (le documentaire We are wizards, non diffusé en France, raconte cette affaire).

    Depuis, Warner Bros a cessé les poursuites. Ses dirigeants ont compris que la communauté de fans, même si elle utilisait des produits protégés par le copyright, apportait au nom Harry Potter une notoriété supplémentaire, et ne constituait aucunement une menace pour l’éditeur et ses revenus (au contraire).

    Cependant, d’autres cas similaires apparaissent régulièrement. Dans Remix, Lawrence Lessig démontre de manière documentée, et passionnante, combien la rigidité des lois du copyright freine la créativité des amateurs et la capacité d’expression sur internet, sans que cela soit réellement justifié.

    Parmi plusieurs propositions qu’il avance pour libérer la créativité sans pénaliser les éditeurs, Lessig propose une évolution simple de la gestion des droits d’auteurs. L’idée est de laisser les amateurs « mixer » librement leurs propres créations à des contenus audio, vidéo, musicaux, qui ne sont pas les leurs. À condition cependant :

    - de citer la source des contenus utilisés,

    - que cette utilisation n’ait pas de fins commerciales.

    Autrement dit : je pourrais utiliser un bout de film, une musique, ajouter mes paroles, réaliser un montage, et publier le tout sur mon blog, si ce n’est pas pour en tirer un profit financier. Si sur mon site se trouvent des panneaux publicitaires qui me rapportent de l’argent, alors naturellement, il me faudrait en reverser une partie aux auteurs des contenus utilisés.

    Le concept n’est pas nouveau. Il s’agit, en gros, de celui de la licence Creative Commons « CC by nc« , symbolisée par ce logo : Creative Commons License

    Mais l’idée est ici d’en généraliser l’application à tous les contenus. Pour cela, une évolution de la loi sur les droits d’auteur serait nécessaire, et c’est ce que prône Lawrence Lessig à la fin de son livre, dont je vous recommande la lecture.

    Notes complémentaires :

    • Une licence Creative Commons License (qui s’applique d’ailleurs au site Geek mais pas trop, voir logo en pied de page) n’interdit pas l’utilisation commerciale, mais requiert l’accord de l’auteur pour que celle-ci soit possible, et ce sous conditions.
    • Le livre de Lawrence Lessig, Remix : Making Art and Commerce Thrive in the Hybrid Economy, n’a pas (encore) été publié en français, mais il est aisé de le commander en langue anglaise via des sites anglo-saxons. Sa référence ISBN est 1594201722 (ISBN 10) ou 978-1594201721 (ISBN 13).
    • D’autre ouvrages de Lawrence Lessig sont disponibles gratuitement en ligne (licence CC) : Free Culture (en anglais), Culture Libre (traduction française de Free Culture), Code 2.0 (en anglais).
    • Les deux images utilisées dans cet article sont deux couvertures du livre Remix.
    • Enfin, s’il fallait le préciser : cet article n’est pas sponsorisé par l’éditeur du libre Remix !

    Posté par Fabulatio à 8h18

  • 3 commentaires

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