• Jeux vidéo, Société 14/12/2008

    En cette période de fêtes, les jeux vidéo sexistes attaquent !
    En cette période de fêtes, les publicités pour les jeux vidéo vont bon train. Le long d’un quai de la gare Montparnasse, voici deux panneaux que l’on peut contempler côte à côte :

    Mis en regard, face à face : le rose et le bleu, la fille et le garçon, chacun dans ses propres rêves. Cela peut paraître un peu caricatural et désuet. Une maladresse de la part de l’éditeur ?

    Celui-ci assume pourtant pleinement son choix. Qu’on en juge par le descriptif du jeu « My Hero – pompier » :

    Le rêve de tous les petits garçons enfin à portée de mains !
    Les enfants s’identifient souvent aux adultes et ont besoin de référents pour grandir et s’épanouir. La gamme My Hero, entièrement dédiée aux garçons, leur propose de réaliser leur rêve et de s’immerger dans le quotidien d’un pompier.

    Leur propose-t-on de réaliser leur rêve, ou bien de s’approprier un rêve, construit pour eux, en fonction de leur sexe ?

    La console Nintendo DS semble venir en aide aux parents craignant une perte de repères (de référents, selon l’éditeur) dans les clivages sexuels. L’exemple de la cavalière n’est pourtant pas le plus criant. Qu’on en juge par ces trois titres :

    La petite fille se voit ainsi proposer quelques métiers qui lui semblent être, par nature, destinés.

    L’offre réservée au garçon n’est pas encore aussi sérieuse, puisqu’on ne trouve ni « Jouons à l’ingénieur », ni « Jouons au commercial/trader », etc. Tout juste est-il question de hobbies ou de métiers imaginaires (dont les parents ne considèrent pas sérieusement que leur enfant les choisira un jour) :

    Mais revenons à la petite fille, dont l’avenir semble être une préoccupation centrale de l’éditeur Ubi Soft :

    La série Léa – passion propose en effet tout une série de métiers ou d’activités en rapport avec son sexe :

    Et enfin, si Léa ne parvient pas à trouver de métier, elle pourra envisager de se marier :

    Avoir des enfants :

    Et faire la cuisine :

    Comme autres passions, on regrette l’absence de « Léa passion ménage ». À venir ?

    S’il est vrai que chacun est libre d’acheter ou non ce genre de jeux, il reste que ces publicités projettent  une image de la séparation des sexes, à destination des enfants, à laquelle on n’est pas obligé de souscrire.

    Pour les enfants rebelles, les alternatives sont peu nombreuses. Depuis quelques semaines, le jeu World of Warcraft permet à ses membres (près de 11 millions actuellement, à travers le monde) de modifier les caractéristiques de leur personnage, et en particulier son… sexe. Une nouvelle passion pour Léa, enfin libérée du sexisme ambiant ?

    Posté par Fabulatio à 13h10

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  • 13 commentaires

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    • Fabulatio a écrit (

      Voir un extrait du journal de TF1 !

      Un psychiatre, le docteur Jacques Bensimon, défend l’idée selon laquelle « il y aurait aussi de l’inné » dans les goûts des enfants.

      J’attends l’étude scientifique montrant que les gènes des petites filles les prédisposent à jouer avec des poêles et des marmites, et ceux des petits garçons avec des tournevis.

    • jayer a écrit (

      Je pense que tu prends les choses du mauvais coté. Je pense qu’il n’y a rien de sexiste mais il faut prendre en compte « les majorités ».
      La majorité des petites filles seront attirées par des les petits jeux type cheval, mode etc… et la majorité des garçons les pompoers etc…

      faut pas chercher midi à 14h

    • Fabulatio a écrit (

      jayer : « La majorité des petites filles seront attirées par des les petits jeux type cheval, mode etc. » : je suis bien d’accord, force est de le constater. Mais quid de l’oeuf et de la poule ? On peut quand même s’interroger sur le rôle des média : s’efforcent-ils de témoigner d’une prédisposition génétique (à faire la vaisselle, à se faire belle, etc), ou de catégoriser les deux sexes d’une façon assez arbitraire, qui n’a rien de moderne ?

    • valérie a écrit (

      Jayer ; les gouts sont construits. des études faites par Fisher price révèlent par exemple que si des parents accepteraient que leur fille joue avec un mecano, ils refuseraient que leur fils joue à la poupée (peur de l’homosexualité). Si on offre à un gamin des « jeux de son sexe », qu’il voit que tous les gamins du même sexe que lui joue à des « jeux de leur sexe » alors ses gouts se construiront de la même façon.
      Grave ? oui et non. On explique aux gens que des choses leur conviennent et d’autres non ; on réduit donc leur liberté d’agir.
      le petit garcon qui voudra jouer à la créatrice de bijoux en prendra pas mal dans la tronche… c’est dommage.

      fabulatio ; merci de ton com chez moi. La tentation du tout génétique devient de + en + présente. Bensimon est bien gentil mais qu’il y ait ou non une part génétique ne change rien. Le gène n’agit pas seul ; et on a quand même abandonné l’idée depuis un moment qu’il y avait nature d’une part, culture d’une autre.
      de plus, visiblement tout comme toi, je suis un peu génée qu’on défende une idée, en tant que scientifique, qui n’est pas prouvée. là il est dans la croyance et c’est passablement génant.

    • Nicolas a écrit (

      Ma copine joue à Call Of Duty et adore shooter les Japonais. L’instinct de survie – sans doute plus développé chez la femme – fait qu’elle supporte mal de se faire tuer à répétition :). Mais entre instinct et cuisine, il y a un monde que certains franchissent vite… si ça fait vendre.

    • verschezjane a écrit (

      C’est évidemment très sexiste, mais sans doute vieux comme le monde ou, en tout cas, au moins aussi vieux que le début de la deuxième moitié du vingtième siècle où le marketing ciblé enfants G/F est sans doute réellement né : la pub pour les garçons c’était le mécano et compagnie, et pour les filles poupée et tout le bazar.
      Tu devrais inventer un jeu vidéo où les « rôles » des sexes seraient inversés et mesurer le succès éventuel…

    • Fabulatio a écrit (

      Voici un lien vers l’étude commandée par Fisher Price, que cite Valérie dans son commentaire. À lire !

      http://www.allomattel.com/documents/jouets_new.pdf

    • maïne!!! a écrit (

      où tu vois du rose?

    • maïne!!! a écrit (
    • Sonia a écrit (

      Le rose je crois que c’est autour du texte du titre HorseLife2

    • Mathurin a écrit (

      Superbe article !

    • themagicsim a écrit (

      C’est clair, ça me dé-becte, tout ça. De la merde, de la merde, encore de la merde. Enferme des individus à qui tout est possible là-dedans, c’est presque CRIMINEL.

    • Morgane G. a écrit (

      A la limite, dire que les différences de comportement entre filles et garçons sont d’origine « hormonale », cela aurait plus de sens que de dire qu’elles sont d’origine « génétique », même si cela serait faux également (voir les travaux de Catherine Vidal, selon lesquels les hormones sexuelles n’ont pas d’effets sur le cortex cérébral)
      On a les mêmes gènes, hein. Le mâle est certes un peu exotique avec son chromosome Y, on peut donc considérer que, quelque part, il a des gènes « supplémentaires » qui n’ont pas d’équivalent chez la femme, mais il a lui aussi un chromosome sexuel X… Si on n’avait pas les mêmes gènes, ce serait un peu gênant pour la reproduction. On est de la même espèce, bor*** à c*l. L’effet de notre différence chromosomique est que nous produisons des hormones sexuelles différentes, qui, elles, n’ont pas d’effets sur le siège de notre intelligence.
      Donc, non, il n’y a pas d’origine génétique, ou chromosomique, ou hormonale à nos différences : elles sont purement culturelles.

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