• Société 13/11/2008

    Les tests de paternité sont encore interdits en France. Pour combien de temps ?

    Lorsque l’on adresse une requête “test de paternité” à Google, apparaissent de nombreuses sociétés proposant des tests ADN :

    À voir l’évolution de la publicité réalisée sur Internet par les entreprises d’analyse ADN, il est clair que de de nombreux Français pratiquent ces tests de paternité. Ces offres semblent répondre à une demande importante.

    Mais cette demande est jugée illégitime par le droit français.

    Selon la loi n° 2005-270 du 24 mars 2005, article 93, modifiant les articles 16-11 du code civil et 226-28 du code pénal :

    « L’identification d’une personne par ses empreintes génétiques ne peut être recherchée que dans le cadre de mesures d’enquête ou d’instruction (…) » (code civil)
    « Le fait de rechercher l’identification par ses empreintes génétiques d’une personne (…) en dehors d’une mesure d’enquête ou d’instruction (…) est puni d’un an d’emprisonnement ou de 1 500 EUR d’amende. » (code pénal)

    Les sociétés proposant des tests ADN sont basées dans des pays étrangers, où l’activité est autorisée. Toutefois, pour un internaute français, commander un test de paternité dans l’un de ces pays, c’est commettre une faute.

    À titre d’information, voici ce qu’un individu reçoit lorsqu’il demande via Internet l’envoi d’un kit gratuit à son domicile. Peut-être ces documents vous feront-ils réagir ? (cliquer pour agrandir les images)

    L'enveloppe contenant les informations et le kit de prélèvement

    Enveloppe contenant les documents et le kit de prélèvement

    Contenu de l'enveloppe (on voit les brossettes buccales pour prélever l'ADN)

    La présentation du test

    Présentation du test

    Les tarifs

    Tarifs et divers éléments

    Les conditions générales

    Conditions générales

    Pour ma part, je m’étonne que ce test soit encore interdit en France, tant il paraît, dans certaines conditions, légitime.

    • Ce test me semble légitime dans le cas d’un enfant qui souhaite se rassurer, suite à des doutes sérieux portant sur l’identité de son père : doutes véhiculés par ses propres parents, par des proches, par une absence de ressemblance morphologique avec le père…
      L’histoire biologique de l’enfant a trait, d’une manière ou d’une autre, à son identité. Ces doutes peuvent donc le déstabiliser. Alors pourquoi ne pas les lever ? Il est parfois plus facile de gérer une vérité délicate qu’une incertitude qui devient obsédante.
    • Ce test me semble légitime dans le cas d’un père qui souhaite se rassurer, suite à des doutes sur sa paternité : infidélités de la mère, absence de ressemblance morphologique avec l’enfant, naissance alors qu’il souffre de stérilité…
      La suspicion peut empoisonner la vie familiale, peu à peu, et la meilleure manière de s’en débarrasser, c’est de connaître la vérité.
      La possible découverte d’un mensonge de la mère est certes dans la balance, et ce n’est pas rien. Mais si le père est prêt à risquer la stabilité du couple en faisant émerger une infidélité passée, alors la question de son identité (biologique) de père prime sans doute sur le reste. Sa compagne peut s’en offusquer, mais elle peut aussi l’accepter. Alors pourquoi l’État, en interdisant le test en dehors d’une action en justice, pousse-t-il les conjoints à s’affronter, avant même de connaître l’issue du test ?
    • Ce test me paraît légitime enfin, dans le cas d’une mère souhaitant se rassurer sur l’origine génétique de son enfant. Parce qu’elle a quelques doutes quant à l’identité du père, et souhaite faire table rase du passé en vérifiant que son compagnon est bien le père. Parce que l’enfant ne ressemble ni à la mère ni au père, et que l’hypothèse d’un échange d’enfants à la maternité est envisagée (situation devenue quasiment impossible aujourd’hui - même s’il y a encore des accidents).

    Parce que ce test apparaît souvent comme légitime, et parce que, de toute façon, les Français ne respectent pas son interdiction, celle-ci devrait disparaître bientôt. On ne devrait pas priver la population d’un droit à la connaissance, surtout lorsque cette connaissance touche à la sphère familiale et à l’identité.

    Il y aura sans doute, dans un premier temps, des séparations, ou même des drames, causés par l’apparition des analyses génétiques. Les mensonges de certaines mères seront dévoilés et cela brisera des familles. Mais aujourd’hui, les futurs parents savent qu’il est nécessaire de jouer franc-jeu lors de la conception d’un enfant : une ère de transparence dans le domaine des liens biologiques est en train de débuter. Cela, la loi devrait en tenir compte.

    Posté par Fabulatio à 18h20

  • 6 commentaires

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    • Sandra a écrit (

      Un autre argument pour laisser faire ces tests : le traitement des maladies héréditaire. Quand on sait qu’on a une prédisposition pour telle ou telle maladie, on peut lutter contre elle. Et pour ça, il faut savoir qui sont ses parents biologiques !

    • Fabulatio a écrit (

      J’ajoute que selon le journal de France 2 (avril 2008), 80% des clients de la grande entreprise espagnole vendant des tests ADN sont… des Français.

    • soso a écrit (

      Les raisons que tu invoques sont bonnes et je suis à 100% d’accord avec toi.
      Une petite note humoristique : les 1500 euros d’amende prévus par le code pénal sont bien maigres comparé à l’année d’emprisonnement…

    • Elephant Gris a écrit (

      Je suis scotchée…
      Voilà des informations que j’ignorais
      je pense que l’information concernant une paternité est un droit tant pour le père que pour l’enfant

    • jayer a écrit (

      je ne vois pas en quoi ça devrait être interdit ?
      tes arguments sont tous bon !

    • Charlie a écrit (

      Si ces tests “privés” ne sont pas autorisés, c’est simplement parce qu’ils sont réalisés à la va-vite et ne sont pas fiables. Plusieurs personnes ont reçu des tests négatifs qui se sont avérés positifs par la suite quand ces pères ont entamé une action en justice. En effet, les juges font appel à des laboratoires beaucoup plus sérieux. Ces laboratoires étrangers qui vendent ces tests sur internet cherchent simplement à faire de l’argent. A méditer…

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  • Commentaires sur Le magenta n’est pas une couleur par FERRIERES 7 mars 2010
    Merci de venir m'expliquer votre consption sur la couleur a vrais dire je connais bien comme vous cette perception du cerveau sur la couleur.les origines du photon font appel à la theorie des quanta .Pour des raisons proffessionelles je me suis interesser à ce sujet.Afin de faire correspondre la theorie sur la mécanique ondulatoire on peut dire que le quantum est venue compléter le travail de Louis de BROLIE . l'imbrication de ces divereses théories permait à l'homme de se deplacer dans la conaissance de l'infini petit comme dans peulze ,les hommes de sciences sont tres prudents à cet égard .On avanceà petits pas.
  • Commentaires sur Le magenta n’est pas une couleur par William Rosco 7 mars 2010
    En réalité toutes les "couleurs" sont des créations du cerveau, dans la nature il n'y a que des particules "incolores" se déplaçant.
  • Commentaires sur Le “contact” se fait attendre par Kevin Hinault 22 février 2010
    Et apparemment je ne suis pas le seul à y avoir pensé (le contraire m'aurait étonné), extrait de l'article sur le paradoxe de fermi : "De façon plus simple, il se peut que les civilisations technologiques avancées soient multiples, mais que la distance moyenne qui les séparent les unes des autres fasse que le temps de communication entre elles, effectué à la vitesse de la lumière, soit supérieur à la durée de vie moyenne d'une civilisation. Ainsi, par exemple, si chaque civilisation est distante de l'autre d'une distance de 5 000 années-lumières, elle ne peut communiquer avec sa voisine si sa propre durée de vie (limitée par exemple par l'autodestruction nucléaire, ou l'épuisement de ses ressources naturelles lié à une incapacité de colonisation planétaire) est inférieure à 10 000 ans, temps nécessaire pour un échange simple (émission d'un message puis réception de la réponse). C'est notamment l'objet d'une communication de février 2009 sur Arxiv[2] qui suggère que s'il y avait moins de 200 civilisations intelligentes réparties de façon uniforme dans notre galaxie, elles passeraient indéfiniment inaperçues les unes des autres." source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Fermi
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