[an error occurred while processing this directive]


  • Comment faire son deuil sur internet ?

    Comment les défunts peuvent-ils laisser une trace numérique aux générations futures ?

    Faire son deuil sur internet

    Les cimetières virtuels pour chiens, chats, et animaux de compagnie, sont apparus au cours des dernières années. Ils répondent ainsi à une demande des internautes liée au travail de deuil, et au faible nombre des cimetières « réels » pour les animaux.

    En quelques clics, il est possible de rendre hommage à un animal, en déposant une photo, des commentaires, sur une page qui lui est consacrée (de nombreux sites proposent de telles fonctionnalités ; effectuez une recherche avec les mots clés « cimetière animalier » pour vous en convaincre).

    Se recueillir sur une page web, l’idée ne concerne pas seulement le décès des animaux. Les blogs ou espaces personnels (Myspace, Facebook…) d’hommes et de femmes disparus, sont fréquemment utilisés pour leur rendre hommage. Les amis ajoutent des commentaires sur la page de l’auteur, avant que le site ne soit fermé.
    C’est bien d’un travail de deuil collectif qu’il s’agit. En se réunissant sur sa page, les proches du défunt partagent leur peine. Ils échangent leurs souvenirs et tâchent ainsi d’apaiser leur souffrance.

    Le principe, finalement assez naturel, consistant à dématérialiser les tombes, est employé sur de nombreux sites.

    My Death Space recense les décès de propriétaires de pages MySpace.

    Virtual Graveyard est la représentation graphique d’un cimetière traditionnel. On commence par pousser les grilles de l’endroit, puis l’on choisit l’ambiance de sa visite (jour, nuit, pluie, et même… tonnerre). Il est possible d’allumer une bougie qui brûlera quelques temps sur une tombe.

    Le Cimetière virtuel, et le site Net-obseques proposent de créer des tombes virtuelles en français.
    Hélas, il semble qu’il faille faire le deuil d’un cimetière virtuel… sans publicité ! Ces sites sont en effet des nids à bannières et sponsors.

    Laisser une trace

    Si les proches peuvent laisser une trace du défunt sur internet, deux questions se posent toutefois :

    - comment garantir que cette trace ne disparaisse pas au bout de quelques mois ?

    - comment peut-on contrôler ce que l’on laissera sur internet le jour de son décès ?

    Comme dans les « vrais » cimetières, les concessions virtuelles ne sont pas éternelles. Lorsqu’il n’y a plus personne pour régler les frais nécessaires, la tombe est effacée. Les fleurs et les chandelles virtuelles, les commentaires des amis, les témoignages, disparaissent aussitôt.

    Le site Virtual Graveyard

    Le site Virtual Graveyard

    Or l’une des vertus d’une sépulture, c’est d’aspirer à l’éternité. La garantie d’une « sauvegarde » à durée illimitée du monument funéraire paraît donc nécessaire. À l’instar des cimetières « réels », leurs homologues virtuels ne peuvent donc pas être confiés à des sociétés privées, lesquelles sont incapables de nous assurer la pérennité d’un héritage numérique.

    Cependant, on pourrait tout à fait imaginer que l’État français alloue à chacun de ses ressortissant, une mémoire (dans tous les sens du terme) de, disons, quelques centaines de mégaoctets.

    On y déposerait, tout au long de sa vie, les données les plus précieuses nous concernant, celles que l’on souhaite confier à la postérité : écrits, photographies, sons, vidéos, ou plus simplement des traces de nos espaces personnels (blogs, pages des réseaux sociaux…).

    On sait qu’aujourd’hui, la sauvegarde des données personnelles à long terme sur des supports traditionnels est une gageure. Un CD/DVD ayant une durée de vie de 5 à 10 ans, il est improbable que nos descendants trouvent dans un vieux placard, les documents qu’on aura souhaité leur adresser. Une mémoire numérique garantie par l’État ne serait donc pas de trop.

    Les données sauvegardées pourraient être divisées en deux catégories : celle des données accessibles aux proches (amis, famille) dès le moment du décès, et celle des données accessibles à tout public à partir d’une date fixée.

    Qu’y laisserions-nous ? Des pensées, réflexions, sur notre existence ? Des images, vidéos, sons de notre vie passée ? Nous adresserions nous à nos descendants directs, ou bien aux historiens ?

    Quoi qu’il en soit, il semble légitime que nous réclamions à la technologie actuelle qu’elle nous permette de contrôler davantage ce que nous lèguerons à nos descendants. Les modalités restent à définir, mais le sujet ne doit pas être pris à la légère, car il touche à un symbole important : celui de notre héritage.

    Mise à jour du 21 février 2009 : Lire l’article “Mourir sur le net (la suite)“.

    Posté par Fabulatio à 12h26

  • 5 commentaires

    WP_Modern_Notepad
    • Thierry do Brasil a écrit (

      Cela fait partie également de mes réflexions, que va devenir mon blog quand je vais mourir. J’ai écrit du truc sur la mort dans mon blog.
      Quand je mourrai, qui va profiter mes pub adsense et autre programme de filliation?
      http://tinyurl.com/3qg4p7 (humour)
      16 raisons pour faire bloguer les morts
      http://tinyurl.com/5mcayb (sérieux)
      L’idée du concession à perpétuité numérique peut être sympa
      Je crois que les mormons font déjà ce genre de chose, pour l’ensemble de la planète, mais il ne travaille que sur la généalogie, ce qui est déjà très louable.

      ps tu devrais installer un plug in subscribe to comment sur ton blog. très utile.
      Merci pour cette aricle

    • Sandra a écrit (

      Bravo pour cet article. Je me disais qu’il était possible de laisser dans son héritage les mots de passe et les identifiants de nos sites web, blogs, etc. Bref penser à son héritage numérique.

    • Fabulatio a écrit (

      Thierry do Brasil : Merci pour ton commentaire, et, puisque j’y suis, félicitations pour ton blog dont nous sommes nombreux à apprécier les articles bien écrits et pertinents !

      À propos du suivi des commentaires : les autres commentaires de ce billet te seront adressés automatiquement, par défaut (si tu as ajouté ton adresse email lors de la rédaction de ton commentaire). Mais je vais peut-être bien, un de ces jours, installer quelque chose d’un peu plus paramétrable, comme sur ton site.

      Ton idée de “postmotem email service” est excellente je trouve. Il est étonnant, n’est ce pas, qu’à l’heure actuelle, aucun service public ne soit proposé pour empêcher la disparition des héritages numériques… L’État nous avait bien offert une boite aux lettres à vie il y a quelques années (via laposte.net), pourquoi pas un espace post-mortem ? Cela finira bien par venir ? Sinon, une initiative privée, comme tu le proposes, pour accompagner le passage de relais après le décès, pourquoi pas ? J’adhère !

    • Thierry do Brasil a écrit (

      Fabulatio merci pour le feedback pour mon blog ça fait vraiment plaisir, va falloir que je redouble d’effort pour ne pas décevoir.
      Je viens de faire une revue de blog (couteau suisse dans mon blog) je parle de ton billet.

      Un jour va falloir que je dépose mes mots de passe chez le notaire!

    • Sabina a écrit (

      Quelle étrange coïncidence, je suis ravie de ce billet. Je me questionne d’ailleurs sur le rapport à ce type d’interface alors que nous nous doutons que plusieurs ont du mal avec le concept de mortalité vs l’immortalité (réelle ou non qu’apporte le web). J’ai créé une tombe virtuelle de Beauvoir et Sartre sur mon site personnel dans le cadre d’une thèse de doctorat et des gens sont ravis et choqués à la fois. C’est donc fort intéressant de voir que d’autres sites utilisent le principe du même lieu virtuel.
      Merci pour ce post quoi ;)

    Écrire un commentaire

[an error occurred while processing this directive]
[an error occurred while processing this directive]
S'abonner aux articles

Geek mais pas trop sur Facebook
et sur Twitter !

[an error occurred while processing this directive]
[an error occurred while processing this directive] [an error occurred while processing this directive]
[an error occurred while processing this directive]
over-blog.com - fan9 - shop6