• Sciences 02/10/2008

    La capture du dioxyde de carbone (CO2) est l’un des défis industriels majeurs des années à venir. Diverses expériences sont en cours, permettant de capturer ce gaz à effet de serre directement à la source, à la sortie des centrales thermiques, où sa concentration dans l’air est supérieure à 10% (en volume). Voir notre article.

    David Keith, chercheur à l’Université de Calgary, s’efforce, avec son équipe, de capturer le CO2 directement dans l’air ambiant, où il est présent à des concentrations très faibles, voisines de 0.04 %.

    Le chercheur s’est aperçu, en étudiant les modèles thermodynamiques de l’atmosphère, que la capture dans l’air ambiant pouvait, en théorie, être presque aussi efficace qu’à la sortie des centrales thermiques, malgré l’immense différence de concentration de gaz.

    Les chercheurs canadiens ont ensuite testé leurs projections sur le terrain. Ils ont montré expérimentalement qu’il est possible de réduire la quantité de CO2, cause majeure du réchauffement climatique, en utilisant une technique relativement simple qui permet de le capturer dans l’air, à n’importe quel endroit de la planète.

    La tour de capture de CO2 construite par les Canadiens

    La tour de capture de CO2 construite par les Canadiens (source: Discovery Channel)

    David Keith explique qu’une société, utilisant cette technologie, pourrait passer un contrat avec une centrale thermique située au Canada, afin de retirer une certaine quantité de CO2 de l’atmosphère (compensant les émissions de la centrale). Mais l’idée originale est la suivante : il serait possible de construire l’usine de piégeage de CO2 à un autre endroit, voire dans un autre pays, ou sur un autre continent, où les coûts de son installation et de son entretien sont moindres.

    La même quantité de CO2 serait piégée, certes à un autre endroit, mais l’effet sur la balance mondiale de gaz à effet de serre serait le même.

    Keith et son équipe ont montré qu’ils pouvaient capturer le CO2 depuis l’air ambiant, en dépensant moins de 100 kWh d’électricité par tonne de CO2. La tour de piégeage de CO2 qu’ils ont construite est capable de de piéger l’équivalent de 20 tonnes de CO2 par an, en utilisant seulement un mètre carré de surface absorbante. Or cette valeur de 20 tonnes de CO2 représente la quantité moyenne produite par personne en Amérique du Nord.

    Voir :
    http://www.eurekalert.org/pub_releases/2008-09/uoc-cd092908.php

    http://dsc.discovery.com/tv/project-earth/explores/carbon.html

    Posté par Fabulatio à 4h16

  • 10 commentaires

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    • Ron a écrit (

      Mais quel interet de construire une usine à l’autre bout de la Terre ?

    • soso a écrit (

      @Ron c’est écrit dans l’article, la balance de CO2 mondiale est la même. C’est pas un scoop que l’air de l’atmosphère se balade sur toute la Terre ;)

      Par contre, moi, ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment le CO2 est “épongé” par le ciment de ton autre article, ou “piégé” par ce tube… ?

    • BZH a écrit (

      Très intéressant , ce qui m’intrigue c’est sous quelle forme est stocké ce CO2 et comment (et où) le stocker à long terme .

    • Fabulatio a écrit (

      soso & BZH : en ce qui concerne la tour de David Keith, voilà comment est piégé le CO2 (source ici) :
      C’est une solution de soude (NaOH dissous, donc une solution d’hydroxyde de sodium) qui absorbe le CO2 en créant du carbonate de sodium, lequel carbonate est récupéré en bas de la tour. Il est prévu, ensuite, de récupérer le CO2 à partir du carbonate, en procédant à une électrolyse, consommatrice d’électricité (ils assurent que la consommation sera faible… à voir ?)
      Quant au stockage, la solution en vogue en ce moment consiste à injecter le gaz dans d’anciens gisements de pétrole ou de gaz naturel. Le vieux gisement de Lacq va servir d’expérimentation pour le stockage, en France (voir article du JDD)
      Il y aussi des pistes pour réutiliser le co2, par exemple en l’envoyant dans des veines de charbon non exploitables pour récupérer du gaz naturel.
      Lire aussi la brochure publiée par Gaz de France, qui apporte de nombreuses informations sur le transport et le stockage du CO2.

    • Geloo a écrit (

      Intèressant intèressant.
      J’ai voulu aller un peu plus loin dans la démonstration, mais je ne suis pas très fort en mathématique, ça peut donc être sujet à critiques et contestations :
      Postulat de base, j’utilise bêtement le Pareto : 20% de la population consomme 80% de l’énergie et 80% en consomme donc que 20%, idem pour la production de Co2.
      7 milliards d’humains sur cette Terre :
      20% soit 1 400 000 000 d’individus produisent 80% du Co2 : 20 tonnes/an Co2 x 1 400 000 000 = 28,000,000,000.00
      80% soit 5 600 000 000 d’individus produisent 20% du Co2 :(20 tonnes/an Co2)*20% 5 600 000 000 = 22,400,000,000.00
      soit le chiffre démentiel de : 50,400,000,000.00 tonnes de Co2 produitent par An
      Si la tour de capture (photo) peut en capturer 20 tonnes/an, la division du total de Co2 produit/an par la capacité annuelle de capture nous donne le chiffre dément de : 2,520,000,000
      2,5 milliards de tours identiques pour capturer le Co2 produit dans l’année. De toute évidence une solution qui ne résout rien même qui pourrait l’empirer.
      Imaginons que nous faisions le bilan énergétique et le calcul de rejet du Co2 dans l’atmosphère consécutif à la construction , la mise en place et à l’exploitation de ces 2,5 milliards de tours de capture .
      Par curiosité , j’ai aussi fait un petit calcul tout bête de consommation annuelle de ces tours :
      - Conso par hab kwh 2,000.00 kwh/an pays riche
      Conso Population Conso Totale
      80% consomment 20% 400.00 5,600,000,000 2,240,000,000,000
      20% consomment 80% 2,000.00 1,400,000,000 2,800,000,000,000
      5,040,000,000,000 kw/h soit la bagatelle de près de 5 % de la consommation énergétique annuelle mondiale .

    • Fabulatio a écrit (

      Geloo :

      Bravo pour ton commentaire ! Il permet en effet de relativiser l’excitation des chercheurs…

      J’ai toutefois cherché à contrer tes arguments :

      La moyenne de 20 tonnes de CO2 produites par an ne concerne que les Nord-Américains, gros consommateurs en général, et donc par conséquent gros producteurs de CO2 (bref, peu représentatifs du Terrien moyen). Par ailleurs, s’il y a beaucoup de CO2 produit par les hommes, il y a aussi beaucoup de CO2 absorbé ou transformé par les plantes, par les océans, etc.

      Ce qui compte, finalement, c’est la balance de CO2, n’est-ce-pas ? J’ai lu ici que l’an passé, la concentration de ce gaz avait crû de 4 Gt, donc de 4 000 000 000 t, “seulement”.

      Il ne faudrait donc “que” 4 000 000 000 / 20 = 200 millions de tours pour arrêter cette augmentation.

      Si l’on remplace la surface absorbante actuelle de la tour par un carré de 5 m de côté, c’est à dire 25 m2, on multiplie la surface par 25 et on n’a plus besoin que de 200 / 25 = 8 millions de tours.

      C’est encore beaucoup trop ! Je n’ose même pas calculer la quantité de soude à utiliser.

      Ainsi, je capitule, et me range à l’avis de Geloo : ce n’est pas avec cette technique que l’on va débarrasser la planète de son CO2 !

    • madlozoz a écrit (

      Et si au lieu de planter une tour toute moche, on plantait un arbre?
      Ca ne ferais pas 20 tonnes piégé par ans, mais ça ne consommerait pas non plus 20000kWh (72 000 MJ en unité civilisé, soit 2 tonne d’équivalent pétrole)
      Et puis la captation du carbone serait peut être moins imaginaire…

    • geru a écrit (

      dicovery channel g vus cette emission avec la capture du CO² trés interésente et je penser : exquil saurait possible de faire cette machine en petit pour ensuite la fixé sur les pot dechapement des voiture ???

    • Fabulatio a écrit (

      Geru :
      Peut-être la difficulté principale consiste-t-elle à gérer la circulation de la solution d’hydroxyde de sodium qui piège le CO2. Puis de la récupérer et de la retraiter. Mais ce serait quand même bien, en effet, de récupérer ce gaz, et toutes les saletés que le moteur produit, directement à la sortie du pot. Depuis les pots catalytiques il y a quelques années, rien ne semble se profiler à l’horizon :-(

    • pat a écrit (

      Bravo Madlozoz… !! Tu me l’ôtes e la bouche
      Tin, mais n’est ce pas la solution la plus simple (et la + efficae connue ?)? planter des arbres, des plantespartout …plutôt que de tout raser pour construire, exploiter…

      Les 20 tonnes paraissent vraiment dérisoire par rapport au milliards de tonnes de CO2
      Je comprends pas que cette solution simple et naturelle n’aie jamais été mise en avant sur le plan diplomatique…
      c’est désepérant !!!
      plus ça vas, et plus j’aime mon chien…

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  • Commentaires sur Le magenta n’est pas une couleur par FERRIERES 12 mars 2010
    merci pour votre démonstration . Qand on aborde ce sujet je rconnais qu'il faudrait le developer sur un plan plus aprofondi on ne peu ignoré l'origine du photon le quantum d'energie qui en résulte l'onde de probalitée qui le transporte . il est certain que l'oeuil fait le trie et la syntèse avant de transmetre le résulta au cerveau nous devons tenir compte de notre environnement car chaque objet réflechi suivant sa propre nature on dit qu'il rentre en résonance avec l'onde dont il a fait le trie. Il faudrait revoir avec prudence certain fondamentaux.
  • Commentaires sur Le magenta n’est pas une couleur par William Rosco 7 mars 2010
    En réalité toutes les "couleurs" sont des créations du cerveau, dans la nature il n'y a que des particules "incolores" se déplaçant.
  • Commentaires sur Le “contact” se fait attendre par Kevin Hinault 22 février 2010
    Et apparemment je ne suis pas le seul à y avoir pensé (le contraire m'aurait étonné), extrait de l'article sur le paradoxe de fermi : "De façon plus simple, il se peut que les civilisations technologiques avancées soient multiples, mais que la distance moyenne qui les séparent les unes des autres fasse que le temps de communication entre elles, effectué à la vitesse de la lumière, soit supérieur à la durée de vie moyenne d'une civilisation. Ainsi, par exemple, si chaque civilisation est distante de l'autre d'une distance de 5 000 années-lumières, elle ne peut communiquer avec sa voisine si sa propre durée de vie (limitée par exemple par l'autodestruction nucléaire, ou l'épuisement de ses ressources naturelles lié à une incapacité de colonisation planétaire) est inférieure à 10 000 ans, temps nécessaire pour un échange simple (émission d'un message puis réception de la réponse). C'est notamment l'objet d'une communication de février 2009 sur Arxiv[2] qui suggère que s'il y avait moins de 200 civilisations intelligentes réparties de façon uniforme dans notre galaxie, elles passeraient indéfiniment inaperçues les unes des autres." source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_Fermi
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