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  • Sciences, Société 05/09/2008

    Le Personal Genome Project (PGP) se propose de séquencer votre génome et de le rendre public. Le recrutement de volontaires va commencer. Serez-vous candidat ?

    Depuis le séquençage de l’ADN humain réalisé en 2003 à partir de différents donneurs anonymes, réalisé dans le cadre de l‘Human Genome Project, les techniques ont évolué, ainsi que les objectifs.

    Le but de l’Human Genome Project était d’identifier les gènes humains (leur nombre étant actuellement évalué à 25000), à des fins de recherche fondamentale. Celui du PGP est sensiblement différent. Voici la présentation qui en est faite sur le site personalgenomes.org:

    « Nous prévoyons le jour où beaucoup d’individus désireront connaître la séquence de leur propre génome, afin d’évaluer les risques de contracter une maladie, afin de mieux comprendre leurs caractéristiques physiques et biologiques, et afin d’accéder à des informations sur leur ascendance.

    Pour parvenir à cela, il faudra réunir un nombre suffisant de personnes intéressées, et se procurer les outils adéquats d’acquisition et d’interprétation de l’information génomique. Enfin, un support des milieux de la recherche et des milieux politiques, sera nécessaire.

    Pour accélérer ces avancées, nous avons fondé le PGP. »

    Dans les prochaines semaines, le PGP se mettra en quête de volontaires. Ceux-ci accepteront de confier leur ADN aux chercheurs, ainsi que des informations personnelles d’ordre médical (ils subiront d’ailleurs des tests médicaux administrés par le PGP). Peu à peu, sera enrichie une base de données publique dans laquelle figureront ces informations personnelles, ainsi que le génome séquencé de ces personnes.

    On imaginerait sans peine le PGP piloté par des compagnies d’assurance peu scrupuleuses, rêvant d’être un jour capable de sélectionner leurs clients en se basant sur leur profil génétique. Par ailleurs, la constitution d’une base de données génétiques personnelles évoque fatalement l’idée d’une possible utilisation massive de ces données à des fins de sélection. On songera par exemple au film Bienvenue à Gattaca (1997), s’appuyant sur une telle crainte.

    Le fondateur de PGP, George M. Church, jouit pourtant d’une reconnaissance certaine de la part des milieux scientifiques, et sa réputation de chercheur aurait tendance à rassurer les inquiets. Professeur de génétique à l’université de Harvard (USA), directeur du centre de génétique informatique, il a participé au Human Genome Project, cité précédemment.

    Mais dans cette affaire, l’aspect économique ne prendrait-il pas le pas sur la recherche fondamentale ? Les sociétés monnayant le séquençage génétique de l’ADN des individus, fleurissent sur la toile. Pour 999 dollars, il est possible de commander un séquençage partiel de son ADN sur le site 23andme.com, afin d’ « apprendre à connaître génétiquement ses amis et sa famille », « ajouter de l’excitation aux réunions de famille », et « partager son profil génétique » (sic).

    Le chercheur George M. Church, fondateur du PGP, est justement à la tête d’une société du même genre. Baptisée Knome, l’entreprise propose un séquençage complet de l’ADN d’un individu, en échange de 350 000 dollars.

    Le rapprochement entre argent et génétique ne donne certes pas une bonne image des récentes avancées dans le domaine du séquençage. Mais le meilleur est à venir, lorsque nous apprenons que Google est un partenaire de PGP et de 23andme.

    La société californienne est le plus fort symbole du lien nouveau qui s’est établi entre l’économie de marché et le partage de l’information. Sa participation financière dans les entreprises de séquençage peut donc prêter à réflexion, et ne rassurera sans doute pas ceux qui craignent que Google dirige un jour le Monde.

    On répondra que la participation de Google est relativement faible (quelques millions de dollars), et que l’origine de la transaction est… familiale. Le cofondateur de Google est en effet marié à la co-fondatrice de 23andme.

    Il n’empêche : on ne peut s’empêcher d’imaginer un Facebook où la publication de son profil génétique serait de mise.

    Pour finir : si vous recherchez des informations sur le PGP (Personal Genome Project) via un moteur de recherche, vous aboutirez sans doute à l’une des nombreuses pages traitant de PGP (Pretty Good Privacy). Depuis près de vingt ans, ce logiciel permet de crypter ses documents afin d’en garantir la confidentialité et se prémunir des espions en tout genre. Il est un symbole du combat pour la protection de la vie privée, et appartient à une sphère bien différente de celle du séquençage génomique public !

    Posté par Fabulatio à 10h31

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