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  • Sciences 13/09/2008

    Le magenta n’est pas une couleur.

    Autrement dit, ceci n’est pas une couleur :

    C’est le site Null Hypothesis qui l’affirme. Et il a raison !

    Comment cela, pas une couleur ? Vous vous rappelez pourtant avoir acheté une cartouche de COULEUR magenta (et deux autres, jaune et cyan), pour alimenter votre imprimante à jet d’encre COULEUR, n’est-ce pas ?

    Lorsque l’on décompose la lumière blanche, avec un prisme, ou bien avec des gouttes d’eau formant un bel arc en ciel, on s’aperçoit que cette lumière blanche est composée de différentes radiations. On établit souvent une liste de sept couleurs :

    violet, indigo, bleu, vert, jaune, orange, rouge

    En réalité, il n’y a pas sept couleurs, mais bien une infinité de radiations électromagnétiques, chacune différente, s’étalant entre le violet et le rouge. Les physiciens savent que ces radiations sont des ondes, et que leur fréquence de vibration correspond à la « couleur » que nous voyons. Le violet vibre environ 800 000 000 000 000 fois par seconde, et le rouge 400 000 000 000 000 fois. Les autres couleurs vibrent à des fréquences intermédiaires.

    Le problème, c’est que le magenta n’a pas de fréquence propre, car il n’apparaît pas dans le spectre de la lumière blanche.

    (Mais bon sang, où est le magenta ?)

    Une lumière magenta, si on la dirige sur un prisme, révèle deux composantes : du bleu et du rouge. Autrement dit, lorsque l’œil perçoit une lumière magenta, il reçoit en réalité une lumière bleue et une lumière rouge en même temps, en quantités à peu près égales.

    Nous sommes habitués à ce genre de situations : lorsque notre œil reçoit de la lumière verte et de la lumière rouge, notre cerveau perçoit une couleur à peu près au milieu des deux sur le spectre (voir plus haut) : du jaune.

    Note : pour les amateurs de peinture qui sont surpris par cette affirmation, merci de lire la note de fin d’article.

    Alors, que se passe-t-il avec le rouge et le bleu ? Vous remarquerez que ce sont les deux radiations les plus éloignées du spectre. Quelle couleur notre cerveau va-t-il décider de nous faire percevoir ?

    Il y a deux possibilités :

    - notre cerveau choisit la couleur à mi-chemin entre le rouge et le bleu, à savoir le vert ;
    - il invente une couleur imaginaire qui n’existe pas dans le spectre.

    Eh bien, notre cerveau choisit la 2ème option, tout créatif qu’il est.

    Nous percevons quelque chose que nous appelons magenta, mais qui ne correspond en fait à aucune des couleurs du spectre lumineux. Une fausse couleur en quelque sorte, quelque chose qui n’existe que dans notre cerveau…

    Pour les lecteurs courageux : lire la suite.

    Mais alors comment les fabricants de cartouches d’encre s’y prennent-ils pour produire de l’encre magenta ? Évoquent-ils les esprits créateurs ? Sont-ils magiciens ?

    Ils restent aussi rationnels qu’à l’accoutumée. Pour produire du magenta, les chimistes utilisent des pigments (de la matière colorée) qui ont la propriété d’absorber la partie centrale du spectre lumineux, en gros : le VERT (comment les molécules de ces pigments absorbent-elles le vert ? c’est une autre histoire).

    Lorsque la lumière du soleil frappe les pigments, le vert est absorbé ; et la lumière renvoyée par les pigments est globalement constituée par les radiations extrêmes du spectre, en gros : le rouge et le bleu. Lesquelles radiations pénètrent dans notre œil et sont interprétées par notre cerveau, comme cette vraie-fausse-couleur que nous appelons… le magenta!

    Note pour les amateurs de peinture qui ne sont pas d’accord avec l’affirmation « lorsque notre œil reçoit de la lumière verte et de la lumière rouge, notre cerveau perçoit (…) du jaune. » :

    Cette phrase est évidemment fausse lorsqu’il s’agit de mélanger de la peinture verte et de la peinture rouge. Ici, je fais référence à un mélange de faisceaux lumineux, tels ceux créés par des spots de lumière, et pas à un mélange de gouache. Les mélanges de faisceaux lumineux suivent les règles de la synthèse additive, les mélanges de peinture obéissent à la synthèse soustractive.

    Posté par Fabulatio à 11h01

  • 14 commentaires

    WP_Modern_Notepad
    • soso a écrit (

      Oulala, cette histoire de synthèse des couleurs, je connaissais pas du tout !! Quelle culture ;)

    • ®om a écrit (

      Je me suis déjà posé cette question.

      Par exemple, y’a-t-il une différence entre du vert correspondant à une fréquence dans la partie verte du spectre ET un vert correspondant à 2 fréquences : une dans la partie bleue, une dans la partie jaune?

    • Fabulatio a écrit (

      rom :
      Je ne suis pas sûr que la superposition d’une couleur bleue et d’une couleur jaune, produise du vert, même pour l’œil humain… est ce que vous ne confondriez pas avec la synthèse additive ? (peinture)

    • Fabulatio a écrit (

      (suite)

      Lorsque l’on mélange de la PEINTURE jaune et de la peinture « bleue » (cyan, en réalité), on obtient du vert, mais c’est ainsi que cela se passe :

      D’abord, La lumière blanche éclaire la peinture. On peut considérer que cette lumière est composée de longueurs d’onde avoisinant le vert, d’autres avoisinant le rouge, et d’autres le bleu (la tv, les écrans, les vidéoprojecteurs, créent du blanc, en émettant du rouge, du vert et du bleu en égales quantités).

      La peinture jaune absorbe le bleu et diffuse vers l’œil, seulement le rouge et le vert (on voit donc du jaune).
      La peinture cyan absorbe le rouge et diffuse vers l’œil, seulement le bleu et le vert (on voit donc du cyan).

      Quand on mélange les deux peintures, les couleurs absorbées s’ajoutent : le mélange absorbe le bleu ET le rouge. Il ne diffuse donc vers l’œil que le vert… (synthèse « soustractive »)

      Le vert que l’on voit en mélangeant de la peinture cyan et de la peinture jaune, est donc du « vrai » vert.

    • MMoi a écrit (

      Tres interessant.

      Mais dans le meme ordre d’idee que Rom (je crains qu’il ne se soit mal exprime) :
      - si on emmet simplement du jaune, on voit evidemment du jaune
      - mais si on absorbe la partie bleue et la partie jaune du spectre, notre cerveau recoit du rouge et du vert, dans lequel il va percevoir… du jaune, n’est-ce pas ?

      En ce cas, y a-t-il une difference entre ce jaune compose par notre cerveau et le jaune naturel ?

      Et du coup, si la difference n’est pas notable, n’est ce pas notre vision de la lumiere blanche decomposee qui pourrait etre fausse ? Ne peut-il pas y avoir d’absorbtion naturelle ou autre phenomene qui nous ferait voir ce spectre de travers ?

      Bonne continuation.

    • Fabulatio a écrit (

      MMoi :

      Il me semble que l’œil humain perçoit les couleurs par l’intermédiaire de trois types de cônes : les cônes S sensibles au bleu, les cônes M sensibles au vert, et les cônes L sensibles au rouge.

      Lorsque nous recevons de la lumière jaune « pure », les cônes M et L sont sollicités, car cette couleur est entre les deux domaines correspondant à ces deux types de cônes.

      Lorsque nous recevons un mélange de vert et de rouge, c’est la même chose. Donc je pense que nous percevons la même couleur jaune dans les deux cas.

      Après, en ce qui concerne le spectre entier de la lumière blanche, nous percevons ces nuances comme des répartitions différentes entre ces différents cônes, et donc avec une précision et une richesse tout à faire relatives.

      Je suis daltonien. Si j’ai bien compris, mes cônes M sont défaillants. En cela, ma perception des couleurs est moins riche car une teinte « pure » se décompose chez moi sur deux récepteurs au lieu de trois. Si les êtres humains avaient, à l’inverse, plus de trois types de cônes, répartis équitablement dans le spectre de la lumière blanche, ils seraient davantage sensibles aux différences entre deux longueurs d’ondes proches, et arriveraient mieux à décomposer des teintes composées de plusieurs longueurs d’onde, n’est ce pas ?

    • ANDY a écrit (

      Moi je vois du vert est ce normal?
      PS: Je suis blonde.

    • olive a écrit (

      Article très intéressant !
      Ah ces couleurs ! Avec elles, on tombe tout de suite dans des problèmes entre objectivité et subjectivité (le phénomène et la sensation), théorie et pratique.
      Reste que, si je ne me trompe, chaque « couleur » nommée n’occupe pas une plage de longueur d’onde équivalente, ce qui sans doute explique que du jaune peut être perçu dans un rayonnement vert. Les mots sont trompeurs, héritiers du concept d’idées pures de notre cher Platon, mais en réalité le spectre est continu, et les couleurs « pures » (enfin le terme sous lequel on les désigne) sont surtout des nuances.
      Il existe enfin un autre paradoxe au spectre, c’est celui du marron !
      Un autre absent du spectre comme des débats théoriques…
      Une couleurs en mal de réputation ?
      Avec elle on aborde la composition et la perception des couleurs « ternaires » ou désaturées, le mélange des 3 primaires à la fois, en quantité égales (sensation de gris en synthèse additive comme soustractive pour mettre tout le monde d’accord) ou inégales.
      Plus le facteur d’intensité de lumière… ne ferai-t-il pas, lui aussi, parfois basculer une radiation « improbable » ou « incertaine » tantôt dans une gamme colorée plutôt qu’une autre pour notre cerveau, avide de nommer les choses ?
      Enfin pour la petite histoire, le nom Magenta vient d’une ville où eurent lieu de sanglants combats pour l’indépendance italienne au XIXe siècle (1859). Coome quoi les actes fondateurs, même pour les coloristes, sont souvent des traumatismes !

    • FERRIERES a écrit (

      Ou se trouve la diférence entre la theorie et le réel pratique puisque notre cerveau restitue le magenta.Les théories n’ont jamais de fin. Je vous dirais en conclusion qu’il faut etre prudent devant l’infini.

    • William Rosco a écrit (

      En réalité toutes les « couleurs » sont des créations du cerveau, dans la nature il n’y a que des particules « incolores » se déplaçant.

    • FERRIERES a écrit (

      merci pour votre démonstration . Qand on aborde ce sujet je rconnais qu’il faudrait le developer sur un plan plus aprofondi on ne peu ignoré l’origine du photon le quantum d’energie qui en résulte l’onde de probalitée qui le transporte . il est certain que l’oeuil fait le trie et la syntèse avant de transmetre le résulta au cerveau nous devons tenir compte de notre environnement car chaque objet réflechi suivant sa propre nature on dit qu’il rentre en résonance avec l’onde dont il a fait le trie. Il faudrait revoir avec prudence
      certain fondamentaux.

    • jojo a écrit (

      Et dans le noir y’a plus rien. Tout existe mëme ce que tu ne vois pas, vos imaginations (perceptions) sont loin de voir et entendre ou faire ce qui est possible.

    • Manuel a écrit (

      attention de ne pas confondre ce qu’on appelle couleur est qui est une notion perceptive avec la notion physique qui en est à l’origine. (la radiation lumineuse)

      Le magenta est bien une couleur même si il n’apparait pas dans la décompositon de la lumière blance par un prisme (ce n’est pas ça qui définit une couleur)

      pour info, différentes raditions lumieuses produisent la même sensation coloré (ie couleur) il existe une longeur d’onde qui va donner une sensation organgé et cette même sensation peut être obtenu par un melange de lumière longeure d’onde verte et rouge.

      attention donc à la confusion, dans ce sens, même si l’article est interesant le titre est absurde.

      Manuel – Ingénieur Video Numérique.

    • Nocolkte a écrit (

      Oui, le magenta est une couleur, mais il faudrait penser à préciser, dès le début de l’article, que l’on se trouve dans une synthèse additive… car en synthèse soustractive, le magenta est une couleur… C’est bien dommage que l’auteur oublie ce détail qui fait tout quand même… Du coup, les gens pensent que le magenta n’est pas une couleur, comme tout ceux qui pensent encore que le noir ou le blanc n’est pas une couleur! Tout dépend dans quelle synthèse l’on se place!

      Je reprend la phrase de manuel : « attention donc à la confusion, dans ce sens, même si l’article est intéressant le titre est absurde. »

      Thomas : graphiste

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