
D’après Businesswire (site d’informations du monde de l’entreprise), la société Protonmedia, spécialisée dans la conception d’espaces virtuels (3D, socialisant…) va fonder une fondation baptisée « Go green, Go Virtual », ce que l’on pourrait traduire par « Pour être vert, soyez virtuel ».
Le but est-il de vous dématérialiser afin que vous consommiez moins? Séduisant! attention cependant de ne pas pousser l’idée jusqu’au « Go Green, go Dead » (pour être vert… mourrez). Nous serions bien avancés.
En d’autres termes :

Revenons au concept d’origine, à savoir la mise en relation du virtuel à l’écologie : il paraît logique de rechercher dans la dématérialisation, une économie de… matière, et donc d’énergie, et par suite, de pollution.
Envoyer un simple message électronique plutôt qu’une lettre faite de bois d’arbre fraîchement coupé et d’encre toute chimique, lire Le Monde sur http://www.lemonde.fr puis fermer son navigateur plutôt que de jeter 200 grammes de papier à la poubelle, cela nous fait moins gaspiller, n’est ce pas ? La corbeille de Windows est plus facile à recycler que celle, bien réelle, de la cuisine !
Pourtant, attention à ne pas tomber dans l’idéalisation du virtuel, car celui-ci consomme bel et bien de la VRAIE matière, et surtout de la VRAIE énergie.
Songez que la consommation d’un ordinateur de 200 W équivaut à une dizaine d’ampoules fluocompactes fonctionnant à plein régime.
Autre exemple, plus parlant. Google, qui ne propose rien d’autre que des services purement dématérialisés, possède un parc informatique fonctionnant 24h/24. Il y a déjà un an, le nombre de serveurs de l’entreprise était estimé à un million (source : Gartner).
Pas un million de machines personnelles utilisant Google ; non : un million de machines ronflant dans les locaux de Google et dont le rôle est de fournir les services « virtuels » que nous utilisons (le moteur de recherche, la messagerie Gmail, les applications telles Blogger, Google Docs…). Elles sont localisées dans ce que l’on appelle des « fermes de serveurs », distribuées à travers le monde.
Si l’on suppose que chacune de ces machines consomme environ 100W (un minimum, me semble-t-il), on obtient un total proche de 1 TWh (terawattheure), c’est à dire 1 milliard de kWh, par an.
En France en 2004, la consommation électrique moyenne annuelle par habitant était de 1200 kWh. La consommation des serveurs de Google représente donc celle de 800 000 français.
Ce calcul ne prend en compte que les serveurs de Google. Pas l’éclairage, ni le chauffage des locaux, ni les ordinateurs des employés, etc.
Dernièrement, l’entreprise s’est engagée à produire des efforts en matière d’environnement, en finançant la recherche dans le domaine des sources d’énergie alternatives, et en s’efforçant elle-même de devenir un peu plus écolo.
Mais le lien entre virtualité et écologie est encore loin d’être établi, soyez vigilant! Tout ce qui est virtuel n’est pas systématiquement… écologique.







